23/03/2012

* La Samaritaine ...

Il y a plus de dix ans, j’avais visité avec mon épouse le grand magasin de La Samaritaine : un très beau bâtiment de style art nouveau ;  mais en revenant l’année dernière j’ai trouvé, hélas, le magasin fermé.

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J’appris par des amis que La Samaritaine avait été rachetée en 2001 par le groupe LVMH, la même société qui, précédemment, avait aussi acquis le Bon Marché.  Le 15 juin 2001, officiellement pour cause de mise en conformité du bâtiment aux normes modernes de sécurité mais aussi  pour des raisons de restructuration, le magasin fut fermé pour une longue période, et définitivement, en juin 2005. L’œuvre d' Ernest Cognac et de son épouse, s’acheva donc après plus d'un siècle, à cause des intérêts commerciaux des gros groupes financiers.

Pub Samar Del.jpg  Carneade ! « chi era costui ? »

Ernest Cognacq, naquit à l'Île de Ré (La Rochelle) en 1839.  Très jeune il devint commis de magasin de nouveautés à La Rochelle, Rochefort et Bordeaux, avant de partir tenter fortune à Paris, où, à l'âge de 15 ans, il fut employé au magasin du Louvre.  Il repartit ensuite en province mais revint à Paris en 1856, et se fit embaucher à La Nouvelle Héloïse, où il rencontra sa future épouse, Marie-Louise Jaÿ, première vendeuse du rayon costumes « Au Bon Marché ».

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Apres s’être mis à son propre compte en 1867 en fondant le magasin «  Au petit Bénéfice » dans la rue de Turbigo, il fut contraint de le fermer faute de bonnes affaires. Sans perdre courage, il s'installa alors comme camelot dans la corbeille de la seconde arche du Pont-Neuf, à l'emplacement de l'ancienne pompe de la Samaritaine (*).

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À l'abri d'un parapluie, il vendait des tissus sur des caisses recouvertes d'andrinople rouge, gagnant le surnom du «Napoléon du déballage ».

En 1869 avec ses épargnes, il fonda son magasin où il vendait des vêtements.  Peu après, Ernest Cognacq et son épouse décidèrent d'agrandir l’établissement, qui, en pleine prospérité, donnera naissance en 1900 aux Grands Magasins de La Samaritaine, nom choisi en souvenir de l'emplacement de son humble travail de camelot.

S'inspirant des méthodes commerciales d'Aristide Boucicaut du Bon Marché, Ernest Cognacq organisera son magasin en rayons gérés par de véritables petits patrons responsables et autonomes.

Pub Samar Del 2.jpg Par acquisitions successives des bâtiments proches de sa boutique, il agrandira régulièrement son magasin, en renouvelant même la structure. Entre 1903 et 1907 l'architecte Frantz Jourdain appliquera les principes de l'Art nouveau, et les divers agrandissements aboutiront en 1933 au grand magasin de dix étages et 48.000 m2, réalisé dans un style typique Art déco par l'architecte Henri Sauvage.

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Le magasin no 2 dans sa totalité, ainsi que les façades et  toitures du magasin no 3, sont aujourd'hui inscrits au titre des monuments historiques, depuis un arrêté du 25 juillet 1990.

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Suite aux décès de Marie-Louise Jaÿ en 1925 et d'Ernest Cognac en 1928, l’activité de l'entreprise diminua au fil des ans et dans les années ‘90, la surface du magasin fut considérablement réduite.

Apres sa fermeture en 2005, l'ancien grand bâtiment du magasin qui domine la Seine, accueillira, peut être en 2013, un palace, des commerces, des bureaux, des logements sociaux et une crèche.

 (*) Pompe de la Samaritaine, 1742

Pompe Samar Del.jpgLa Samaritaine était le nom d'une pompe à eau située sur le pont Neuf dont l'existence remontait à Henri IV qui en demanda les plans au Flamand Jean Lintlaër. Ce fut la première machine élévatrice d'eau construite dans Paris. Elle fut reconstruite par Robert de Cotte entre 1712 et 1719, puis rénovée par Soufflot et Gabriel. Cette pompe était décorée d'une représentation de l’épisode évoquant la rencontre entre Jésus et la Samaritaine au Puits de Jacob (relaté dans l’Évangile selon Jean) sculptée par Bernard et René Frémin (1672-1744). Le tout était surmonté d'une horloge munie d'un jacquemart, puis plus tard d'un carillon.

Concernant les objets liés à la calamophilie, je ne connais que la plume Sergent-Major, gravée Samara, et les boîtes de plumes correspondantes, en conditionnement de 36 et 100 plumes.

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Rodolfo.

 

08:40 Écrit par ra51 - dans Plumes et Commerce | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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