04/07/2012

* La Plume à Vapeur ...

Ceux qui ont eu la chance de voir une locomotive crachant fumée et vapeur auront sûrement été fascinés par cet imposant moyen de locomotion, dont l'histoire et l’évolution se sont développées dans la même période que celle de la plume, pour prendre ensemble leur retraite à la fin du second conflit mondial, après plus d’un siècle d'activité.

Les marques des plumes, elles aussi, ont succombé à leur charme, et beaucoup d'entre elles ont exploité la locomotive pour les enjoliver.  A ma connaissance, il y a peu de plumes avec ce genre de décoration, et je me suis toujours demandé si la locomotive embossée, et plus rarement gravée sur la plume, était un dessin de fantaisie, ou inspirée par des modèles ayant vraiment cheminé sur le rail d’autrefois.

J’ai fait une petite recherche sur les trains et sur le vieux matériel de chemins de fer d’antan.  En considérant la période de construction des plumes, objet de ma recherche, je me suis limité aux locomotives de la seconde moitié du XIX siècle, et je suis resté vraiment étonné par la vraisemblance des poinçons avec les originaux. La seule différence que l’on peut observer, faute de place sur la plume, figure au niveau des cheminées, souvent tronquées, et des tender, supprimés, pour la plupart.

Pour identifier les locomotives il faut d’abord examiner les roues : les plus grandes sont les roues motrices, les petites sont les porteuses.   Les toutes premières locomotives, avaient deux essieux : un moteur et un porteur. Ensuite on voit apparaître deux essieux moteur, deux essieux moteur et un porteur et deux essieux moteur et deux porteur. Dans ce cas les deux roues motrices étaient reliées par une barre d’accouplement. Celle-ci fut un des grands progrès techniques permettant d’augmenter l’adhésion sur les rails. 

Pour identifier la structure des essieux, une numération à trois chiffres a été utilisée : le premier, de l’avant à l’arrière, indique le nombre d’essieux porteurs avant, le deuxième le nombre d’essieux moteurs et le troisième le nombre d’essieux porteurs arrière. 

Essieux

Numération

oO

110

ooO

210

OO

020

OOO

030

oOo

111

oOOo

121

En regardant les plumes, il faut observer que dans le domaine de la locomotive, les Anglais ont réalisé de superbes poinçons vraiment conformes à l’original, tandis que les poinçons français sont un peu moins soignés ; mais il est possible que mes plumes françaises en collection ayent été réalisées avec des poinçons usagés.

Joseph Gillot, dans sa petite plume, représente une locomotive étonnamment semblable à la Early Monkland avec deux roues motrices.

(cliquez sur les images pour agrandir)

Vapeur Gillot 0.jpg

Vapeur Gillott détail ajour.jpg

Vapeur Gillott 1.jpg

Vapeur Monkland.jpg

M. Myers, avec sa plume plus élaborée, représente probablement la locomotive construite en 1843 par Stephenson pour le chemin de fer de Paris à Orléans, avec jour en barre d’accouplement bien détaillée.

Vapeur Myers 1.jpg

Vapeur Myers 3.jpg

Vapeur Myers 2.jpg

C. Brandauer, et A. Armstrong avec sa plume tubulaire, poussent le détail jusqu’à représenter la fumée qui s’échappe de la cheminée. M.Turnor ajoute aussi le petit tender.

Vapeur C Brandauer.jpg

vaPEUR c bRANDAUER AJOUR.jpg

 Vapeur C Brandauer 2.jpg

Vapeur Armstrong.jpg

Vapeur Armstrong 2.jpg

Vapeur Armstrong 3.jpg

Vapeur Armstrong 4.jpg

Les Français, plus simplement, avec Baignol & Farjon, F. Lebeau, La Libraire des Ecoles et Sanard et Derangeon, enjolivent leurs plumes avec la locomotive du type Planet

Vapeur Baignol & Farjon.jpg

Vapeur Lebeau.jpg

Vapeur Ecoles.jpg

Vapeur Planet.jpg

Blanzy Poure & Cie, (à mon avis la meilleure des plumes « ferroviaires » françaises) nous montre une belle Goode de la London & Birmingham Railway.

Vapeur Blanzy.jpg

Vapeur Blanzy jour.jpg

Vapeur Blanzy2.jpg

De plus, certains font rouler la locomotive en ajoutant aussi le petit mécanicien sur la plateforme arrière. Enfin, un souci des détails et de la précision digne d’un orfèvre !

Quant aux plumes gravées, il faut remarquer la ''PATENT THE FLYING SCOTCHMAN MAC NIVEN & CAMERON EDINBURGH''. Sur cette plume on trouve une locomotive type 030 avec son tender et la fumée qui sort de la cheminée.

Vapeur Mac Niven 1.jpg

Vapeur Mac Niven 2.jpg

 

A titre d’information, quelques marques d’encre ont également utilisé la locomotive sur leurs étiquettes.

Voici un petit tableau récapitulatif des plumes à vapeur…

 

Locomotive type

Essieux

Plume

Jour

Notes

Early Monkland Locomotive

OO

020

JOSEPH GILLOTT BIRMINGHAM

 

 

Goode engine London & Birmingham railway

OO

020

"STEPHENSON" BLANZY POURE & CIE N°254

Barre d’accouplement

Mécanicien

LIBERT & CIE

Barre d’accouplement

Mécanicien

MANSUI BRION

Barre d’accouplement

 

Locomotive du type «Planet», construite en 1832 par Stephenson pour le chemin de fer de Liverpool à Manchester

oO

110

BAIGNOL & FARJON BOULOGNE S/MER

 

Mécani-cien

F.LEBEAU

 

Mécani-cien

LIBRRIE GENLE DES ECOLES * MEAUX *

 

Mécanicien

SANARD ET DERANGEON

Barre d’accouplement

Mécanicien

Locomotive construite en 1843 par Stephenson pour le chemin de fer de Paris à Orléans

oOo

111

M.MYERS & SON RAILWAY PEN

Barre d’accouplement

 

Fire Fly Calss Sir Daniel Goch 1840

oOo

111

C.BRANDAUER & C° BIRM N°499

 

Mécanicien et fumée

?

oOO

120

V R EXPRESS PEN A.ARMSTRONG & C° LIMITED

 

Fumée

?

OOO

030

TURNOR

 

Avec tender et mécanicien

?

OOO

030

PATENT THE FLINGSCOTCHMAN MAC NIVEN & CAMERON EDINBURGH

 

Avec tender et fumée

Rodolfo. 

07:34 Écrit par ra51 - dans Plumes Chemins de Fer | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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