05/01/2013

* Boulogne s/mer et ses plumes...

Si on recherche l’origine du nom de la ville de Boulogne s/mer, on peut trouver le nom de Portus Itius donné par Jules César lors de sa conquête des Gaules à un port romain situé au nord de la France. Sa localisation exacte est inconnue mais il se trouverait, d'après des études, à Boulogne-sur-Mer ou dans ses environs.

Sous l'empereur Claude la ville et le port ont ensuite été nommés, à partir du 3ème siècle, Gesoriacum, puis « Bononia » ou « Bolonia » en référence à la ville italienne de Bologne.


Blason de Boulogne.png

Pendant la Révolution française, la ville fut appelée Port-de-l'Union.

Boulogne-sur-Mer a donné son nom à la région naturelle du Boulonnais, qui regroupe plusieurs communes proches de Boulogne-sur-Mer. Ses habitants sont aujourd'hui appelés les boulonnais et les boulonnaises.

 Au XIX siècle, Boulogne s/m fut la ville Française la plus attachée à l’histoire de la plume métallique en France.


Les plus grandes marques françaises avaient leur usines dans cette ville en bord de mer du département du Pas-de-Calais.

 USINES BLANZY POURE & CIE.jpg

 Usines Blanzy

Il est évident donc que, tôt ou tard, une de ces marques voulût célébrer la ville, avec une plume dédicacée.  C’est pourquoi la maison Blanzy Poure et Cie, en 1889, année de la grand exposition internationale de Paris, fit paraître la plume Boulonnaise n°741.

La plume fut produite, à ma connaissance, pour longtemps uniquement en version grise, et elle est encore présente dans les catalogues de 1945. Cette belle plume avec sa collerette moulurée était gravée d’une crevette et sa pointe avait trois limages. 

On notera avec intérêt qu’il y existe deux variantes de la gravure de la crevette ; la première plus large et la seconde plus étroite.

(cliquez sur les images pour agrandir)

La Boulonnaise 741 (1).JPG

Crevette 741 (1).JPG

La Boulonnaise 741 (2).JPG

Crevette 741 (2).JPG

La plume boulonnaise fut reprise plus tard aussi par la maison Gilbert & Blanzy Poure avec le même numéro de catalogue. Cette fois la crevette était grossie et était en compagnie du coq (logo de Gilbert Blanzy Poure).

La Boulonnaise 741 (3).JPG

Crevette 741 (3).JPG

La très jolie boite coloriée dans laquelle les plumes étaient rangées  représente une plage du nord avec un personnage féminin, une pêcheuse de coquillages (appelée aussi '' la dame de la halle '') vêtue du costume traditionnel de Boulogne et de sa coiffe blanche dite « le soleil ».

Au bras droit elle tient un plateau de coquilles. En bas on retrouve en noir, un médaillon avec la gravure de la crevette.

Comme pour la plume il y eut plusieurs versions : la première boîte, que malheureusement je n’ai pas en collection, avait la gravure du personnage et du décor en noir et blanc, scène que l'on retrouve ensuite en couleurs, et qu’on peut voir sur les photos ci-dessous en deux variantes :

La Boulonnaise - La boite.jpg

Autre plume Blanzy, la « plume du mystère » déjà parue sur le blog, qui ne se trouve sur aucun catalogue de ma connaissance : c’est la plume marquée BLANZY POURE & CIE BOULOGNE S/MER du même modèle que la Boulonnaise, mais avec le blason de la ville gravé dans sa collerette.

Cygne Blanzy_1.jpg

La marque Blanzy ne s'arrêta pas aux plumes :

Dans le but de se faire de la publicité et de décorer les vitrines de papetiers, elle produisit même une plume géante en bronze d’environ 45 cm de long sur le modèle 741,

La Boulonnaise 741 géenate (1).JPG

La Boulonnaise 741 géenate (2).JPG

et du papier buvard avec la plume géante imprimée : buvards soit anonymes, soit avec le nom du papetier à qui ils étaient destinés.

La Boulonnaise - Buvard (1).jpg

La Boulonnaise - Buvard (2).jpg

A remarquer aussi la jolie publicité des deux angelots en train d’affûter la plume boulonnaise.

Angelots.jpg

Blanzy  ne fut pas la seule à célébrer la ville de Boulogne s/mer.

Baignol et Farjon, en 1903 fit produire une très jolie plume appelée « La Matelote » qui représentait la coutume et la coiffe traditionnelle de la ville, avec un joli jour en forme de poisson. Cependant, malgré sa beauté, le succès de la plume fut très réduit.

 Matelotte.jpg


La matelote (2).jpg

Pour terminer une petite question féminine à nos chères épouses, surtout les plus jeunes :

Savez vous comment nos arrière-grand-mères façonnaient les coiffes d’antan et particulièrement « le soleil » de Boulogne ? Regardez les images ci-dessous :

Fer à tuyaute (1).JPG

Fer à tuyaute (2).JPG

Fer à tuyaute (3).JPG

Tuyautage.jpg

Coiffe soleil.jpg

Communication de Rodolfo Peirano (Adh CCOE N° 408)

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