20/06/2014

* Carte porcelaine Béranger, de Jundt, second modèle ...

En octobre 2013 et en janvier dernier, je vous présentais quatre cartes porcelaine du lithographe Jundt, petits présentoirs des plumes La Fontaine, Paganini, Gut(t)enberg et Béranger. Voici un second modèle pour la plume Béranger, illustrant une de ses chansons : Le Tailleur et la Fée...

(cliquez sur l'image pour agrandir)

Beranger Tailleur Fée.jpg

 

Dans ce Paris plein d’or et de misère,
En l’an du Christ mil sept cent quatre-vingt,
Chez un tailleur, mon pauvre et vieux grand-père,
Moi nouveau-né, sachez ce qui m’advint.
Rien ne prédit la gloire d’un Orphée
À mon berceau, qui n’était pas de fleurs :
Mais mon grand-père, accourant à mes pleurs,
Me trouve un jour dans les bras d’une fée :
Et cette fée, avec de gais refrains,
Calmait le cri de mes premiers chagrins.
bis.

Le bon vieillard lui dit, l’âme inquiète :
« À cet enfant quel destin est promis ? »
Elle répond : « Vois-le, sous ma baguette,
« Garçon d’auberge, imprimeur et commis.
« Un coup de foudre ajoute à mes présages :
« Ton fils atteint va périr consumé ;
« Dieu le regarde, et l’oiseau ranimé
« Vole en chantant braver d’autres orages. »
Et puis la fée, avec de gais refrains,
Calmait le cri de mes premiers chagrins.

« Tous les plaisirs, sylphes de la jeunesse,
« Éveilleront sa lyre au sein des nuits.
« Au toit du pauvre il répand l’allégresse ;
« À l’opulence il sauve des ennuis.
« Mais quel spectacle attriste son langage ?
« Tout s’engloutit, et gloire et liberté ;
« Comme un pêcheur qui rentre épouvanté,
« Il vient au port raconter leur naufrage. »
Et puis la fée, avec de gais refrains,
Calmait le cri de mes premiers chagrins.

Le vieux tailleur s’écrie : « Eh quoi ! ma fille
« Ne m’a donné qu’un faiseur de chansons !
« Mieux jour et nuit vaudrait tenir l’aiguille
« Que, faible écho, mourir en de vains sons. »
« Va, dit la fée, à tort tu t’en alarmes ;
« De grands talents ont de moins beaux succès.
« Ses chants légers seront chers aux Français,
« Et du proscrit adouciront les larmes. »
Et puis la fée, avec de gais refrains,
Calmait le cri de mes premiers chagrins.

Amis, hier, j’étais faible et morose,
L’aimable fée apparaît à mes yeux.
Ses doigts distraits effeuillent une rose ;
Elle me dit : « Tu te vois déjà vieux.
« Tel qu’aux déserts parfois brille un mirage,
« Aux cœurs vieillis s’offre un doux souvenir.
« Pour te fêter tes amis vont s’unir :
« Longtemps près d’eux revis dans un autre âge. »
Et puis la fée, avec ses gais refrains,
Comme autrefois dissipa mes chagrins.

 

(Toutes les infos sur les autres cartes de Jundt à la rubrique Cartes porcelaine)

16:58 Écrit par ra51 - dans Cartes Porcelaine | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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