03/02/2013

* MORIN, H. Paris, suite ...(2)

En feuilletant le catalogue on peut trouver quelques renseignements intéressants :

Dans les pages consacrées aux plumes on voit que Morin avait une plume à son nom (la ''Sourire'' de M. Blanchatte), et qu'il commercialisait beaucoup de marques françaises et anglaises : J.B. Mallat, Saglier, J. Alexandre, J. Mitchell, Letailleur, Blanzy etc. Une nouveauté avait été insérée au catalogue à la hâte, en ajoutant une fiche sur la plume américaine à réservoir Yankee. Outre les encres des meilleures marques (Antoin, Gardot, Dagron, etc.) on notera aussi que H. Morin avait sa propre marque d'encre et des gommes à son nom.  Il commercialisait également le fameux encrier « Le Plenum » et le « Cachet Crampon Inviolable » de chez Blanzy.

Ci-dessous quelques pages du catalogue, précédées d'une facture datée du 11 décembre 1889.

Rodolfo.

(cliquez sur les images pour agrandir)

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Communication de Rodolfo Peirano (Adh CCOE n° 408)

08/06/2012

* Jean Benoît Mallat, de la plume inusable au PPR ...

Les hommes liés à l'histoire de la plume ont toujours été des hommes d'esprit dans la technique et le commerce.  Entre tous, je voudrais brièvement parcourir l'histoire d'un commerçant des plus géniaux et éclectiques : Jean Benoit Mallat.

Notre homme naquit à Angoulême en 1805. Très jeune il entra comme apprenti chez un horloger, et après 6 ans d'étude et de travail dans ce laboratoire il quitta sa ville natale pour s'installer, en 1830, comme horloger à Paris, rue Neuve Saint-François et s'établir ensuite au 63 rue du Temple.  Inventeur génial bien plus que mécanicien, il breveta en 1836 un tour d'horloger, qui lui rapporta deux citations: la première dans le "Bulletin des lois de le République Française" Volume 13 pages 396, et la seconde dans les "Archives du Commerce" Volumes 15 à 16 Page 282 :

« M Mallat Jean Benoît horloger demeurant à Paris rue du Temple n 63 auquel à été délivré le 27 janvier dernier les certificats de sa demande d'un brevet d’invention et de perfectionnement de cinq ans pour un outil qu’il nomme moteur à pied Mallat applicable en horlogerie à tourner les pièces les plus fragiles sans aucun danger de les casser. »

Tout de suite, à Paris, il réussit à se faire une discrète clientèle et peu après son habileté de mécanicien suscita l'intérêt du grand illusionniste Robert Houdin qui lui confia la construction de quelques-uns de ses outils utilisés lors de ses numéros de magie. Au cours d'une tournée en Angleterre avec le "magicien" , Mallat fait la connaissance des frères Mitchell, et a le « coup de foudre » pour les objets d'écriture et notamment pour les plumes métalliques.

En utilisant les plumes métalliques de son époque, Mallat se rendit compte qu'il fallait résoudre trois principaux problèmes:

· La corrosion facile de l'acier au contact avec l'encre ;

· La souplesse insuffisante de la plume ;

· L’autonomie insuffisante d'écriture entre une prise d'encre et la suivante.

Il entreprit d’y remédier, et en 1842, breveta sa "plume inusable" réalisée en or, qui rendait l'instrument plus flexible. Une nervure sous la plume fortifiait la pointe et faisait fonction de réservoir pour l'encre.

Le problème de la ductilité de l'or qui l'aurait aisément rendu consommable avec le frottement du papier fut résolu ensuite en insérant sur la pointe, tout d'abord un grain de rubis, ensuite d'iridium ou osmium.

(cliquez sur les images pour agrandir)

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   … Le corps de la plume est en or ou platine ou autre métal à l’épreuve de l’acide qui se trouve dans l’encre ; de plus l’extrémité des becs est garnie d’un rubis ou autre pierre inaltérable. Le tuteur que j’ajoute sous la plume comme un levier dans la figure A soutient les becs, ce qui donne la facilité d’ armer le ressort de manière à se qu’il fasse une légère pression sur le tuteur ce qui fait que le becs ne peuvent jamais se briser puisqu’ils arrivent avec force à se fixer sur un point solide et invariable…

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 Malheureusement vu les coûts de l'or et de fabrication très élevée, (la plume était vendue avec un porte-plume spécial réservé à son usage), cette solution ne connut le succès qu’auprès d'une clientèle aisée. Par la suite, après avoir fondé en 1842 la société qui porte son nom, de 1843 à 1853, Mallat présenta un certain nombre de brevets de plumes perfectionnées, en tâchant surtout de résoudre le problème de l'autonomie insuffisante d'écriture, en réalisant des nervures ou des ajours pour retenir la plus grande quantité d'encre possible.

Mais, n'ayant pas les moyens financiers nécessaires à une production autonome, il dut s'adresser à d’autres, et son choix, en dépit de l'industrie française, fut celle des principales et renommées entreprises anglaises de l’époque. Tout d'abord Joseph Gillot, et ensuite Perry et Leonhardt.   En 1864, Jean Benoît Mallat breveta le "Siphoïde" véritable ancêtre du Porte Plume Réservoir, et probablement le premier instrument d'écriture équipé d’un réservoir produit et commercialisé. 

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Mallat ne négligea rien, et à la fin de sa carrière, il se consacra aussi au perfectionnement d'un fusil à broche. Son activité était reconnue en Angleterre et son nom fut cité à plusieurs reprises dans THE LONDON GAZETTE (e.a. 22 février 1870, 30 novembre 1877).   

Jean Benoît Mallat mourut en 1877 en laissant une société très solide qui produisit des articles d'écriture jusqu’en 1960.   

La production réelle de PPR a commencé juste après la première guerre mondiale, avec un sommet de production dans la période d’entre deux guerres.  L'entreprise Mallat fut une des premières à utiliser le plastique. Sa production de PPR s’arrêta dans les années 60, quand furent proposés sur le marché les premiers stylos billes jetables.

Les PPR Mallat étaient de bonne qualité et les plus anciens suscitent encore l'intérêt des collectionneurs.

Petite Chronologie de la production Mallat de PPR.

Année

Modèle

 

1916

 

début de la production de PPR - les lettres R, S et A précédaient les noms des modèles

1930

120 - 130

à levier

1936

150 - Intégral

à bouton

1943

Plexigraf

Le modèle Plexigraf sera produit pour tous les 40s dans versions différentes, du premier de 1943, nommé Plexigraf 14, aux nouveaux modèles le Plexigraf 225 et les Plexigraf 315

1944

Plexigraf junior

à bouton

1946

Plexicolor

à bouton

1949/50

310

doté d'un piston et d'un réservoir d'encre visible

Années 50s

 

Leda, Ambassadeur et Contre-amiral - remplissage à accordéon

 

Jean Benoit Mallat (11).jpgJean Benoit Mallat (10).jpg

 










 

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La production des PPR a été fermée définitivement  par l'acquisition de la marque par Edacoto. La compagnie est néanmoins restée présente dans le marché de l'instrument de l'écriture, en ayant une production considérable de stylos à bille économiques.

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Dans les années 90s Mallat a été acquis par les multinationales de papeterie et la marque est maintenant disparue.

Rodolfo.

07:57 Écrit par ra51 - dans Plumes et Commerce | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

16/05/2012

* Felix Potin ... clin d'oeil ...

Felix Potin lui-même aurait du y penser ! Comment transformer un pot de confitures en ... pot à crayons.

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N.B. :  les plumes d' oiseaux figurant au premier plan, sont des plumes de cygne décorées à l' encre par mon ami Bernard Sturm (adhérant du club CCOE), véritable artiste - et en plus très modeste...


Pierre

18:51 Écrit par ra51 - dans Plumes et Commerce | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

29/03/2012

* La Samaritaine (3)...

Autres documents pour ce dossier, voici quelques extraits d'un Catalogue de 18 pages, Rayon Papeterie, daté de 1908. (format 15,4 x 24 cm).

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On y découvre une grande variété d'encriers, mouilleurs, garnitures de bureau, porte-mines, porte-crayons, coupe-papiers, essuie-plumes, papier divers, cahiers, porteplumes, stylographes, gommes, crayons (Conté & Hardmuth), craies, porte-craies, ardoises, compas, cartables, plumiers, buvards et bien entendu des plumes : de Baignol & Farjon et Blanzy-Poure, ainsi que celles gravées au nom du magasin. Comme le signalait Pierre, la série de ronde comportait bien les numéros de 1 à 6.

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Robert

 

19:21 Écrit par ra51 - dans Plumes et Commerce | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

26/03/2012

* La Samaritaine (2)...

Pour compléter le dossier Samaritaine, voici une plume de ronde marquée SAMARITAINE N° 1 (couleur gris acier) ; c' est la seule que je possède, mais je pense qu' il devait y avoir la série complète.

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Pierre

14:20 Écrit par ra51 - dans Plumes et Commerce | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

23/03/2012

* La Samaritaine ...

Il y a plus de dix ans, j’avais visité avec mon épouse le grand magasin de La Samaritaine : un très beau bâtiment de style art nouveau ;  mais en revenant l’année dernière j’ai trouvé, hélas, le magasin fermé.

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J’appris par des amis que La Samaritaine avait été rachetée en 2001 par le groupe LVMH, la même société qui, précédemment, avait aussi acquis le Bon Marché.  Le 15 juin 2001, officiellement pour cause de mise en conformité du bâtiment aux normes modernes de sécurité mais aussi  pour des raisons de restructuration, le magasin fut fermé pour une longue période, et définitivement, en juin 2005. L’œuvre d' Ernest Cognac et de son épouse, s’acheva donc après plus d'un siècle, à cause des intérêts commerciaux des gros groupes financiers.

Pub Samar Del.jpg  Carneade ! « chi era costui ? »

Ernest Cognacq, naquit à l'Île de Ré (La Rochelle) en 1839.  Très jeune il devint commis de magasin de nouveautés à La Rochelle, Rochefort et Bordeaux, avant de partir tenter fortune à Paris, où, à l'âge de 15 ans, il fut employé au magasin du Louvre.  Il repartit ensuite en province mais revint à Paris en 1856, et se fit embaucher à La Nouvelle Héloïse, où il rencontra sa future épouse, Marie-Louise Jaÿ, première vendeuse du rayon costumes « Au Bon Marché ».

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Apres s’être mis à son propre compte en 1867 en fondant le magasin «  Au petit Bénéfice » dans la rue de Turbigo, il fut contraint de le fermer faute de bonnes affaires. Sans perdre courage, il s'installa alors comme camelot dans la corbeille de la seconde arche du Pont-Neuf, à l'emplacement de l'ancienne pompe de la Samaritaine (*).

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À l'abri d'un parapluie, il vendait des tissus sur des caisses recouvertes d'andrinople rouge, gagnant le surnom du «Napoléon du déballage ».

En 1869 avec ses épargnes, il fonda son magasin où il vendait des vêtements.  Peu après, Ernest Cognacq et son épouse décidèrent d'agrandir l’établissement, qui, en pleine prospérité, donnera naissance en 1900 aux Grands Magasins de La Samaritaine, nom choisi en souvenir de l'emplacement de son humble travail de camelot.

S'inspirant des méthodes commerciales d'Aristide Boucicaut du Bon Marché, Ernest Cognacq organisera son magasin en rayons gérés par de véritables petits patrons responsables et autonomes.

Pub Samar Del 2.jpg Par acquisitions successives des bâtiments proches de sa boutique, il agrandira régulièrement son magasin, en renouvelant même la structure. Entre 1903 et 1907 l'architecte Frantz Jourdain appliquera les principes de l'Art nouveau, et les divers agrandissements aboutiront en 1933 au grand magasin de dix étages et 48.000 m2, réalisé dans un style typique Art déco par l'architecte Henri Sauvage.

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Le magasin no 2 dans sa totalité, ainsi que les façades et  toitures du magasin no 3, sont aujourd'hui inscrits au titre des monuments historiques, depuis un arrêté du 25 juillet 1990.

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Suite aux décès de Marie-Louise Jaÿ en 1925 et d'Ernest Cognac en 1928, l’activité de l'entreprise diminua au fil des ans et dans les années ‘90, la surface du magasin fut considérablement réduite.

Apres sa fermeture en 2005, l'ancien grand bâtiment du magasin qui domine la Seine, accueillira, peut être en 2013, un palace, des commerces, des bureaux, des logements sociaux et une crèche.

 (*) Pompe de la Samaritaine, 1742

Pompe Samar Del.jpgLa Samaritaine était le nom d'une pompe à eau située sur le pont Neuf dont l'existence remontait à Henri IV qui en demanda les plans au Flamand Jean Lintlaër. Ce fut la première machine élévatrice d'eau construite dans Paris. Elle fut reconstruite par Robert de Cotte entre 1712 et 1719, puis rénovée par Soufflot et Gabriel. Cette pompe était décorée d'une représentation de l’épisode évoquant la rencontre entre Jésus et la Samaritaine au Puits de Jacob (relaté dans l’Évangile selon Jean) sculptée par Bernard et René Frémin (1672-1744). Le tout était surmonté d'une horloge munie d'un jacquemart, puis plus tard d'un carillon.

Concernant les objets liés à la calamophilie, je ne connais que la plume Sergent-Major, gravée Samara, et les boîtes de plumes correspondantes, en conditionnement de 36 et 100 plumes.

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Rodolfo.

 

08:40 Écrit par ra51 - dans Plumes et Commerce | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18/03/2012

* Félix Potin (3) ...

Je reviens sur le premier article concernant les grands magasins français, pour y ajouter deux plumes : l'une de type Princesse, gravée FELIX POTIN / PARIS / 852, l'autre de type Humboldt, FELIX POTIN / PARIS / N° 5.

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Valter.

06:24 Écrit par ra51 - dans Plumes et Commerce | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/03/2012

* Au Bon Marché (4) ...

J'aimerais apporter ma contribution à cet article passionnant, non pas avec des plumes ou boîtes de plumes, mais avec une bouteille d’encre, accompagnée de sa boîte d’origine. Un tampon sur l'étiquette de la bouteille indique "mai 1918".

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Au Bon MArché Encre 2.jpg

 

 Jérôme.

20:24 Écrit par ra51 - dans Plumes et Commerce | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15/03/2012

* Au Bon Marché (3) ...

En complément aux plumes déjà proposées par Rodolfo et Daniel à ce sujet, voici la série complète des plumes de Ronde et une Sergent-Major N°1, "acier", sans jour au talon.

Valter.

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08:16 Écrit par ra51 - dans Plumes et Commerce | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

13/03/2012

* Au Bon Marché (2) ...

Suite à l'article de Rodolfo, voici deux autres plumes gravées à l'enseigne de ce grand magasin.

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Daniel.

15:34 Écrit par ra51 - dans Plumes et Commerce | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

08/03/2012

* Au Bon Marché ...

Émile Zola écrivait dans le roman « Au Bonheur des Dames » à propos du Bon Marché de Paris : « Une cathédrale de commerce pour un peuple de clients.»

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 "Au Bon Marché" est inauguré en 1838 par les frères Videau : douze employés et quatre rayons de mercerie généraliste. Ensuite les frères Videau s'associent en 1852 avec Boucicaut.jpgboucicaut marguerite.jpgAristide et Marguerite Boucicaut qui, avec de nouvelles conceptions du marché, se lancent dans la transformation du magasin, développant le nouveau concept de grand magasin spacieux et profond, avec un vaste assortiment, des prix fixés à faible marge et indiqués sur une étiquette.


Mais les grands principes révolutionnaires pour l’époque sont :

- Donner au public la possibilité d’entrer dans le magasin pour regarder sans être        obligé d'acheter ;

-Les clients doivent être satisfaits ou remboursés ;

-La marchandise doit être exposée entièrement dans l’espace de vente.

Ce type de magasin ne vend donc plus simplement des marchandises mais le désir d'acheter lui-même.

En 1863, les fréres Videau, effrayés par les idées commerciales du couple, vendent à Boucicaut leur parts sociales.

Pour attirer sa clientèle féminine, Boucicaut crée également les premières toilettes pour femmes, un salon de lecture pour leurs maris le temps qu'elles fassent leurs emplettes.

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Il développe la publicité (affiches, calendriers, réclames, agendas annonçant des évènements quotidiens, etc.).

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Après les épouses, il cible les mères de famille en distribuant des boissons, des ballons rouges ou des séries d'images pédagogiques,  chromos, découpis, cartes-sytème, pour leurs enfants, organisant aussi des promenades à dos d'âne.

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En 1869, grâce à leur succès commercial, les Boucicaut se lancent dans l'agrandissement du magasin. L'architecte Louis-Charles Boileau, succédant à Alexandre Laplanche, fait appel à l'ingénieur Armand Moisant pour la construction de la structure du bâtiment (1870-1887); Gustave Eiffel, qui est couramment considéré comme étant le constructeur de Bon Marché, n'interviendra qu'en 1879 pour réaliser un agrandissement qualifié de peu considérable. Le Bon Marché passe d'un chiffre d’affaires de 500.000 francs, d'une

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surface de 300 m2 et de 12 employés en 1852 à 72 millions de francs, à une surface de 50.000 m2et 1.788 employés en 1877. Cette expansion marque l'apparition d'une nouvelle classe sociale, les employés, classe moyenne qui constituera la future clientèle des grands magasins.

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Au début du XXe siècle "Au Bon Marché"  poste dans le monde entier plus de 6 millions de catalogues de mode (accompagnés d'échantillons de tissus découpés par 150 jeunes femmes uniquement dédiées à ce travail), parallèlement au développement du service de livraison à domicile et de la vente par correspondance franco de port.

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Les bourgeoises peuvent s'échapper du logis où la société les cloître et passer plus de douze heures dans le magasin à essayer les produits, notamment des vêtements autrefois faits sur mesure mais désormais aux tailles standardisées, se faire coiffer, etc.

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Certaines d'entre elles s'endettent ou deviennent cleptomanes, d'autres sont troublées à l'idée de se faire effleurer par des vendeurs qui leur enfilent gants ou chapeaux. La respectabilité du magasin étant remise en cause, Aristide Boucicaut fait engager des vendeuses qu'il fait loger dans les étages supérieurs du magasin et qui représentent la moitié du personnel dans les années 1880. En uniforme noir strict, elles sont licenciables et corvéables à merci mais peuvent bénéficier de la promotion interne. Avec une gestion paternaliste inspirée par le socialisme chrétien de Lamennais, Aristide Boucicaut crée notamment pour ses salariés une caisse de prévoyance sociale et une caisse de retraite, un réfectoire gratuit, un jour de congé payé hebdomadaire.

Une salle de mille places est installée au sommet de l'immeuble pour accueillir des soirées.

En 1910, à l'initiative de Mme Boucicaut, afin de loger ses clients à proximité,  l'hôtel Lutetia, qui reste le seul palace de la rive gauche, est érigé.

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Le développement du chemin de fer et des expositions universelles attirent à Paris les femmes de province et Mme Boucicaut cherche désormais à toucher une clientèle ouvrière par des prix toujours plus bas.

En 1911-1913, à l'angle de la Rue de Sèvres et de la rue du Bac, un nouveau bâtiment du Bon Marché, abritant jusqu'en 2012 La Grande Épicerie, est construit par les Ateliers Moisant-Lauren-Savey, successeurs d'Armand Moisant.

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Le groupe LVMH de Bernard Arnault rachète le Bon Marché en 1984 pour en faire le grand magasin du luxe de la rive gauche. Au premier semestre 2012, des travaux débutent pour un agrandissement de la surface de vente.

*****

Comme pour Félix POTIN, le calamophile n'a pas un large éventail d'objets d'écriture à se mettre sous la dent.  En voici toutefois quelques exemples.  Si vous en avez d'autres, vous savez ce qu'il vous reste à faire.

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 Rodolfo.

 

23:16 Écrit par ra51 - dans Plumes et Commerce | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

29/02/2012

* Félix Potin (2) ...

Suite à l'article de Rodolfo, voici un buvard assez rare et deux autres plumes de l'entreprise.

Pierre.

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09:40 Écrit par ra51 - dans Plumes et Commerce | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

27/02/2012

* Felix Potin ...

Les raisons pour lesquelles nous collectionnons les plumes sont nombreuses.

En ce qui me concerne, l'objectif n'est pas d’accumuler des petits morceaux d'acier, mais plutôt de me documenter et étudier leur histoire.  Aussi, je ne trouve pas exagéré ni prétentieux de dire que : « avec les plumes on  améliore notre connaissance de l’histoire du quotidien ».

Pour cette raison,  je propose une rubrique dédiée aux rapports entre la plume et les premiers grands magasins français.

Pour débuter, un des plus anciens : Felix Potin de Paris.

Rodolfo.


 FELIX POTIN

 
felix_potin portrait.jpgJean-Louis-Félix Potin, né en 1820 à Arpajon et mort en 1871, est le fondateur de l'enseigne française de distribution.  Félix Potin ouvrira son premier magasin d'alimentation 28 rue Coquenard à Paris en 1844, à l'âge de 24 ans, en appliquant quatre principes commerciaux qui feront sa fortune :

- vente à bon poids ;

- vente des produits de qualité achetés par lui-même ;

- vente à marge bénéficiaire réduite ;

- vente avec prix affichés en magasin.

En 1860, fut inaugurée la première grande surface d'épicerie, sur deux niveaux, au boulevard Sébastopol.

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Le succès sera tel que Félix Potin construira une usine à La Villette l'année suivante. Elle sera agrandie en 1864 et comprendra une distillerie et une chocolaterie. La boutique du boulevard Malherbes ouvrira en 1864 et le service de livraison à domicile sera mis en service en 1870. La deuxième usine, construite à Pantin, sera inaugurée en 1880 et le deuxième grand magasin, situé rue de Rennes, en 1904. FelixPotinRennes.jpgLes usines parisiennes compteront 1800 personnes en 1906 et 8000 en 1927. La société à nom collectif Félix Potin comptera, en 1923, 70 succursales, 10 usines, 5 chais, 650 chevaux.

Le slogan qui popularise la chaîne de magasins est alors « Félix Potin, on y revient ! »

Les 1200 magasins de la chaîne, transformés en superettes en 1956, seront rachetés par André Mentzelopoulos (1915-1980) deux années plus tard, mais mal géré, cet ensemble périclitera et sera définitivement liquidé en 1996, année au cours de laquelle Promodès reprendra la société Félix Potin.

En 2003, la Société Philippe Potin, qui possède des points de vente dans le sud-est de la France (Montpellier, Brignoles, Grasse et Monaco) rachètera le droit d'utiliser l'enseigne.

Le magasin du boulevard Sébastopol est aujourd'hui un Monoprix.  L'immeuble situé à l'angle de la rue Réaumur et du boulevard Sébastopol témoigne de la prospérité de ce distributeur.

Il se signale par une façade décorée de couleurs foisonnantes et d'abeilles, symboles du commerce et de l'abondance. Construit en 1910, le grand dôme - surnommé poivrière - est typique des immeubles bourgeois de cette époque.

L'architecte Paul Auscher (1866-1932) travailla à plusieurs reprises pour Félix Potin.

***

Pour les collectionneurs, le monde de Felix Potin ne manque pas d'intérêt : albums chromos chocolat et autres, publicités, cartes postales anciennes, célébrités contemporaines, il y en a pour tous les goûts ...

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Pour le calamophile, le champ d'action est plus restreint, mais d'autant plus intéressant. Ci-dessous, quelques photos de plumes et de boîtes, que vous viendrez certainement compléter avec vos trésors personnels.

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(Sources diverses : wikipedia, imagivore, Félix Potin site officiel, etc.)

09:02 Écrit par ra51 - dans Plumes et Commerce | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |